Histoire rapide des méthodes de gymnastique

Au cours de l'histoire, aussi loin que l'on remonte dans le passé, tous les peuples ont considéré l'exercice physique comme un moyen de perfection, soit comme un facteur de santé, soit comme un facteur de beauté ou de force. En effet, suivant les tempéraments de ces peuples, on retrouve l'exercitation sous les formes de méthodes thérapeutiques (ou médicales), de méthodes purement hygiéniques, de méthodes plastiques (ou artistique), ou de méthodes athlétiques (sportives ou guerrières).

Les Chinois de l'antiquité étaient surtout des "kinésithérapeutes" avertis. Les Grecs furent des esthètes recherchant les belles formes, comme en témoignent leurs magnifiques statuaires. Les Romains et les chevaliers du Moyen age étaient surtout désireux d'endurcir leurs corps.
A notre époque, la gymnastique a conservé ses quatre visages : médical, hygiénique, esthétique, athlétique.
Le plus vieux livre de médecine du monde est le fameux " Kong-Fu " qui remonte à plus de
3 000 avant J.C. Les exercices pour refaire la santé y sont exposés longuement.

Les grands noms de cette histoire de l'exercice sont chez les modernes :
1. Ling (le père de la "suédoise” , médicale et hygiénique).
2. Esbonnet (père de la " culture physique " aux quatre aspects).
3. Belin du coteau (père du "sport de compétition " formule essentiellement athlétique)
4. Hebert (père de la méthode "naturelle" anti-compétitive, mais destinée à former un athlète).

A ces noms, il faut ajouter ceux d'Amoros (gymnastique militaire), Jahn (gymnastique aux agrès), C. Demeny (gymnastique française qui évolua peu) et Triat (l'initiateur culturiste de Desbonnet).
Actuellement, dans notre civilisation occidentale, l'exercice est admis officiellement. Il y a pris la forme du sport, et du sport "étatisé" et cette gymnastique athlétique est enseignée dans toutes les écoles, ses dangers sont la spécialisation, l'arbitraire, la compétition et le record qui peuvent conduire à bien des excès (accidents organiques).


La méthode constructive (culture physique)

Histoire
Le créateur de la culture physique est le Professeur Ed. Desbonnet, qui, dès 1885 en jeta les premières bases et en vulgarisa l'enseignement à travers l’Europe et jusqu'en Amérique. Le grand naturopathe Mac Fadden (USA ) en fut un de ses disciples. En France, les élèves qui continuèrent l’œuvre du Maître ou y collaborèrent furent les docteurs Rouhet, Ruffier, Pages, Marcel Rouet.

Les exercices culturistes, aux poids légers et moyens sont pratiqués le corps nu, devant une glace.
Ses règles d'application
: les temps respiratoires scrupuleusement observés (glotte toujours ouverte), et l'intérêt porté à la musculature de structure et de posture (rachis et abdomen) sont le fond commun dans lequel tous les continuateurs ont largement puisé. On peut dire que Desbonnet a réhabilité l'haltère et a montré le moyen pour tous de faire des chairs musculaires.

Il a mis à la portée des faibles, une haltérophilie modérée, progressive, réglable en intensité et sans effort, particulièrement favorable à la santé, à la beauté et à la force pour reprendre sa trilogie.
La méthode américaine (néo-culturisme) est très athlétique. Alors que Desbonnet avait éliminé de sa méthode les poids lourds, les Américains en ont fait la base de leur enseignement. Le résultat atteint est une monstrueuse hypertrophie des "muscles de parade", avec oubli total des muscles rachidiens et de la ceinture abdominale (muscles de la santé).

La méthode américaine est devenue une course aux muscles, un sport qui représente les mêmes dangers que tous les exercices de record et de compétition (lorsqu'on ne sait pas éviter les excès en fonction des ressources physiologiques des sujets qui s'y adonnent).
Malgré cela, les efforts deTriat et de Desbonnet ont ouvert la voie à une méthode nouvelle d’entraînement humain.

Principes généraux
La culture physique consiste à isoler chaque groupe musculaire et à le travailler avec une résistance choisie. Toute la musculature est ainsi développée en volume et relief.

La méthode française est surtout un entraînement aux poids légers et moyens, avec des leçons comptées (par série de mouvements de 10 à 20) et d'une durée totale de 40 à 45 minutes. L'aboutissement est la mise en sudation, avant la douche au jet qui termine l’entraînement.
La méthode américaine, moins hygiénique mais plus plastique, augmente au maximum les résistances et réduit à 5 ou 6 répétitions chaque série ; de plus, elle ne s'intéresse qu'aux muscles plastiques (épaules, dorsaux, pectoraux, cuisses). Enfin, la leçon est quotidienne et souvent dure de 3 à 4 heures !
La méthode culturiste s'est orientée vers les "machines" qui permettent justement cette intensification musculaire, sans erreur de posture.

La vraie culture physique comptée aux poids légers apporte, par contre, des bienfaits physiologiques indiscutables, à tous, que voici :
1. Stimulation de la circulation par accélération du circuit sanguin musculo-périphérique ;
2. Régénération des capillaires des tissus voisins des muscles (capillothérapie comme par la chaleur) ;
3. Elimination accrue par un filtrage interne du sang et de ses cristaux, au niveau de la peau et des reins ; doublée d'un "remue-ménage" non moins intense au niveau de la lymphe et de ses filtres (intestins, poumons, peau) ;
4. Combustion par oxydation des réserves et surcharges sucrées et libération hépatique ;
5. Amélioration considérable de la fonction de transmutation de la couche ondulée de la peau ;
6. Action puissante de recharge nerveuse, par relaxation et meilleure nutrition de la substance blanche, source de l'énergie nerveuse (muscle faisant office de dynamo);
7. Perfectionnement plastique par une meilleure statique osseuse et vertébrale, et par un développement harmonieux des muscles ;
8. Sur le plan psychique, confiance en soi accrue, maîtrise, sûreté du geste, amélioration de la cérébralité et la personnalité en général.


L’horto-kinésie

Issue de la "gymnastique des organes" de Desbonnet , tout en retenant certaines pratiques de l'éducation physique et du sport rationnel est la méthode d'exercitation de l'hygiéniste-naturopathe.
Ici, l'exercice, quelle que soit sa forme, se résume en des contractions musculaires, plus ou moins isolées ou généralisées, plus ou moins adoucies ou intensifiées et plus ou moins courtes et répétées.

Toute contraction musculaire brûle les sucres (charbons organiques) qui se tiennent en suspension dans le sang, dans les tissus et le foie (glucides sous la forme de glycogène) et apportés par la digestion des fruits et des céréales (fruits : sucres directs et céréales : sucres indirects).
Toute contraction musculaire agit, d'autre part, sur la masse sanguine dont le circuit complet peut accélérer sa vitesse de cinq à dix fois. Le passage du sang dans les filtres épurateurs prévus (reins et glandes sébacées) pour en extraire les cristaux résiduels du métabolisme est de ce fait multiplié par autant ; d'où une épuration sanguine, heureuse par excitation de la diurèse et de la sudation.

D'autre part, le sang est le véhicule dans lequel se déverse la lymphe. Si on sait au cours de l'exercice résister à la soif, la lymphe se déverse non plus à raison de 1 litre par 24 heures dans le sang mais à raison de 4 à 5 litres.
Considérant l'agitation du sang, et ce second phénomène, on comprend l'activation salutaire de l'autre catégorie de filtres (ceux à colles) représentés par le foie (bile), les poumons (mucosités) et les glandes sébacées de la peau. L'exercice, au moment où arrive la soif, contribue à l'épuration de la lymphe.

Le muscle est donc à la fois chaudière (en brûlant les réserves sucrées excédentaires: prédiabétisme) et pompe aspiratrice filtrante, rejetant cristaux et colles par les émonctoires (peau, poumons, reins, intestins). C'est un puissant moyen d'épuration humorale (nettoyage et drainage de l'organisme). C'est assurément le meilleur dépuratif, comme le bain chaud (ou froid) est le meilleur agent de circulation.

Il faut retenir pour l'instant, que le drainage par l'exercice est le fait capital.
Il se réalise :
- par le rejet par les poumons de mucosités (colles résiduelles qui préparent à la longue les rhumes, les sinusites, les otites, les laryngites, les pharyngites et les bronchites). Quelques séances de footing matinal sont révélatrices (on crache, on expectore après les premiers 100 mètres !).
- par l'activation de la diurèse (reins) qui se remarque après l'effort (envie d'uriner, urine foncée, ce qui traduit l'épuration du sang, alors que le repos donne le plus souvent des urines claires).
- par l'activation de la peau (glandes sudoripares = sueurs = urines diluées et glandes sébacées = mucosités = colles) et des muqueuses de la face en général (comme pour les poumons).
- par l'activation du foie, de la vésicule biliaire et de l'intestin (l'exercice peut suffire, souvent, à libérer un intestin constipé).
- par la combustion des sucres résiduels et excédentaires (ex : un diabétique floride voit son état s'améliorer jusqu'à la guérison par l'exercice).

N.B. : la peau, avec ses trois glandes (sudoripares = reins, sébacées = poumons, couche basale = intestine) est l'émonctoire numéro 1. La sueur qui s'écoule au niveau de la peau, en cours d'exercice, est plus complète et plus toxique que celle obtenue par le sauna.

Elle active non seulement ses propres glandes (sueur) ,  mais encore celles à sébum (sébacées) et celles à récupération (auto-synthèse de la couche basale en partant des résidus toxiques). Le chimisme de la peau est mis en mouvement par les "infra-rouges" et la chaleur, mais plus profondément par l'exercice sudorifique.

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