Ouvrir les émonctoires ou le drainage toxinique

L'ouverture des émonctoires est destinée à éliminer les toxines vers l'extérieur de l'organisme par des méthodes de drainage, mais aussi à les dériver vers un autre organe émonctoriel en cas de "crise curative" trop intense !

Ce drainage émonctoire s'effectue au moyen des fameuses cures naturopathies dont les techniques doivent êtres appropriés en fonction de la nature des toxines, du niveau d'encrassement humoral, de la vitalité et du patient et de l'état fonctionnel de ses émonctoires.

Outre leur fonction de désintoxication de l'encrassement humoral, les émonctoires permettent d'apprécier le niveau réactionnel de l'organisme et sa capacité d'auto-récupération.

Retenons les deux grandes règles du drainage émonctoriel :
- Plus l'encrassement humoral est intense, plus les cures de drainage seront courtes et répétées.
- Plus un drainage est intensif et profond, plus ce drainage sera efficace et durable.

Tout l'art du praticien-naturopathe repose sur l'appréciation de la capacité émonctorielle en fonction de la vitalité du sujet, afin de mettre en oeuvre le mieux possible les mécanismes d'auto-guérison.


Les émonctoires

Qui sont les émonctoires et comment les solliciter ?
Ce sont quatre organes spécifiques dont le rôle est de favoriser des échanges entre le milieu intérieur et le milieu extérieur. Les propriétés métaboliques : absorption et surtout excrétion,( c’est-à-dire l'élimination des déchets de l'organisme) sont caractéristiques des quatre émonctoires : peau, poumon, rein, intestin (plus l'émonctoire génital chez la femme).

La peau-émonctoire :
C'est une triple membrane particulière qui sépare le corps du milieu extérieur. La peau possède de nombreuses propriétés : défense de l'organisme, régulation de la température intérieure par sa riche vascularisation, information sensorielle par sa remarquable innervation ; aussi, la peau possède une triple fonction par ses glandes sébacées (analogue à la fonction intestinale), ses glandes sudoripares (analogue à la fonction rénale) et sa couche basale (véritable glande endocrine).
De ce fait, en Naturopathie, la peau peut être considérée comme l'émonctoire polyvalent et il est captivant d'étudier à ce propos les remarquables travaux du Dr Salmanoff ainsi que les vieux traités de médecine familiale pour comprendre l'importance de la peau avec ses 2 m de surface développée (voir plus loin).

Le poumon-émonctoire :
Est en réalité un appareil complexe qui comprend les fosses nasales, le pharynx, le larynx, la trachée, les bronches et deux poumons, ces derniers étant situés sur le diaphragme et dans la cage thoracique dont ils sont séparés par une membrane séreuse : la plèvre.
La fonction pulmonaire est vitale et s'appelle la respiration, laquelle permet des phénomènes d'échanges gazeux (oxygène, gaz carbonique, azote) avec le sang grâce à une ventilation appropriée. L'appareil pulmonaire est considéré en Naturopathie comme étant l'émonctoire spécifique des "colles" ( muquo-sécrétions avec facilité à engendrer du pus).

Le rein-émonctoire :
Est constitué par un appareil très élaboré auquel se rattache la fonction génitale (on parle généralement d'appareil uro-génital). Les reins sont des organes sécrétoires en forme de haricot, de 12 cm sur 6 cm et pesant 150 gr environ. Les deux reins sont situés de part et d'autre de la colonne vertébrale sous les dernières côtes. Chaque rein est coiffé d'une glande endocrine importante appelée glande surrénale.

La fonction rénale est chargée d'éliminer rapidement dans l'urine les déchets et les substances toxiques déversées dans le sang par les organes et tissus au terme de leur travail.
De structure compliquée, le rein comprend un parenchyme rénal formé de centaines de milliers de tubes microscopiques appelés "néphrons" dont la longueur développée avoisine les 2 kms ! Ces tubes urinifères se déversent dans la "cavité rénale " formée des "calices" qui collectent l'urine dans le "bassinet", lequel se prolonge par l’”uretère " qui va se jeter dans la vessie.

L'urine est composée à 95 % d'eau (issue des 15 litres de sang filtrés quotidiennement pour engendrer 1,5 litre d'urine) et de 5 % de substances toxiques : électrolytes (chlore, sodium, potassium, bicarbonate...) pigments hépato-biliaires (urobiline ...), des dérivés du métabolisme des protides : urée, ammoniaque et des poisons accidentels tels que les médicaments, conservateurs alimentaires...! Dans certaines maladies, on peut observer des substances anormales dans les urines telles que sucre (diabète), protéines : albumine, sang, etc...!

En Naturopathie, la fonction urinaire est considérée comme spécialisée dans l'élimination des "cristaux".

L’intestin-émonctoire :
Répond en réalité à l'appareil digestif qui est une longue tuyauterie motrice et sécrétoire allant de la bouche à l'anus. Outre sa fonction métabolique (dégradation des aliments pour les rendre assimilables par l'organisme), laquelle est dénommée "nutrition” , le tube digestif possède une importante fonction émonctorielle avec la salive, le foie, les voies biliaires et l'intestin proprement dit .
La constitution des tissus qui composent les villosités de l'intestin (tapis muqueux interne), permet d'observer l'importance des vaisseaux chylifères à cet endroit. Ces vaisseaux convergent vers la "citerne de Pecquet” , suivie du "canal thoracique", lequel est destiné à brasser un élément porteur de tous les déchets cellulaires et tissulaires de l'organisme : la lymphe.

Cette lymphe circulante, que l'on appelle vulgairement “sang blanc" (et que l'on peut observer en perçant la cloque d'une brûlure ou d'une ampoule !), représente environ le 1/3 du poids du corps, ce qui est considérable... Lymphe et sang sont entièrement épurés par le foie et l'intestin , d'où la véritable primauté de l'intestin en matière de drainage émonctoriel.

De plus, il est connu que tous les mécanismes immunologiques se développent au niveau de cette lymphe intestinale, ce qui explique l'origine de très nombreuses maladies constitutionnelles (eczéma, asthme, allergies, rhumatismes dégénératifs...) ou acquises. Il faut enfin savoir que le collecteur toxinique, c’est-à-dire le côlon (gros intestin de 1m 60 de longueur) est l'objet de fermentations et de putréfactions qui sont à l'origine de très nombreuses maladies, d'où l'intérêt majeur de surveiller le bon fonctionnement colique, et de le dépurer régulièrement.

La muqueuse génitale (chez la femme) :
Souvent ignorée, mais d'une importance certaine chez la femme, la muqueuse de l'utérus (endomètre) qui se charge tous les mois du sang vicié pour s'épurer par les menstruations (ou règles), et la muqueuse vaginale riche en flore particulière (bacilles de Döderlein) qui est à l'origine de nombreuses sécrétions dont les leucorrhées (pertes blanches).
Ces muqueuses particulières sont considérées en Naturopathie comme des soupapes destinées à compenser les insuffisances de l'émonctoire intestinal (diverses formes de constipation) si fréquentes chez la femme en général.

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